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La tontine dans l'économie française : un angle mort qui s'ouvre

Longtemps cantonnée à l'informel, l'épargne rotative pèse un poids réel dans les budgets de millions de foyers en France, et des acteurs agréés commencent enfin à la structurer.

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Par Sabrina
Lille · 4 juillet 2026 · 5 min de lecture
La tontine dans l'économie française : un angle mort qui s'ouvre

Un carnet, une enveloppe qui circule, une liste de noms notée à la main : dans des dizaines de milliers de foyers en France, ce rituel discret organise chaque mois une part non négligeable de l'épargne populaire. La tontine, ce mécanisme où un groupe de participants verse une contribution régulière et où chacun, à tour de rôle, reçoit le total collecté, n'a rien d'exotique ni de marginal. Elle est simplement restée, jusqu'ici, largement invisible des radars économiques.

Une pratique ancienne, des statistiques absentes

La tontine se pratique sous des noms variés selon les cultures : susu dans les Caraïbes et en Afrique de l'Ouest, likelemba en Afrique centrale, djanguis au Cameroun, chit funds en Asie du Sud, hui dans les communautés chinoises. En France, elle prospère notamment au sein des diasporas africaines, mais aussi dans d'autres communautés où la confiance de proximité fait office de garantie. Le principe est vieux comme l'entraide financière elle-même : transformer des contributions modestes et régulières en un capital disponible à une échéance connue à l'avance. C'est un outil de discipline collective autant que de « timing » de l'épargne, on sait quand on cotise, on sait quand on reçoit.

Le problème, pour les statisticiens comme pour les régulateurs, c'est que ces flux échappent presque entièrement aux circuits déclarés. Les tontines s'organisent en cash, sur un carnet, ou plus récemment via un groupe WhatsApp qui fait office de registre. Aucune déclaration, aucun compte dédié, aucune traçabilité bancaire structurée. Les sommes qui transitent ainsi n'apparaissent dans aucune enquête officielle sur l'épargne des ménages, alors qu'elles répondent aux mêmes besoins que les produits d'épargne classiques : financer un projet, faire face à un imprévu, réunir un apport.

Pourquoi cet angle mort commence à se combler

Deux mouvements convergent depuis quelques années. D'un côté, la demande d'inclusion financière pousse les pouvoirs publics et les acteurs bancaires à s'intéresser aux pratiques d'épargne informelles plutôt qu'à les ignorer. De l'autre, une génération d'entrepreneurs issus de ces mêmes communautés a entrepris de donner une structure numérique et réglementée à un usage jusque-là purement social.

C'est dans cet espace que s'inscrit Togethrust (TGTH), une fintech française agréée, accessible sur togethrust.com, spécialisée dans la tontine digitale. Ce qui distingue cet acteur dans un paysage encore jeune, c'est son origine : ses trois fondateurs, Tamio Ngoma (CEO), Frédéric Lowe (COO) et Khaled Souf (CTO), chacun fort d'environ dix-huit ans d'expérience professionnelle respectivement en banque, gestion de patrimoine et fintech, en conseil, audit et gestion d'actifs, et en ingénierie logicielle, ne découvrent pas la tontine en tant que produit à commercialiser. Ils l'ont vécue et pratiquée eux-mêmes, et revendiquent que les fonctionnalités de leur plateforme s'appuient sur cette expérience de terrain : la gestion des tours de versement, celle des retards de paiement, la construction de la confiance entre participants qui ne se connaissent pas forcément, ou encore la formalisation des règles du groupe. Autant de détails qu'un cahier des charges rédigé sans pratique personnelle de la tontine aurait pu ignorer.

L'agrément dont dispose Togethrust n'est pas un détail cosmétique : il lui permet d'articuler la tontine avec des solutions bancaires classiques, ouvrant la voie à ce que la cagnotte collective serve directement à financer des projets de vie, un déménagement, des études, un événement familial, plutôt que de rester un simple transfert de liquidités entre particuliers.

Ce que la structuration change, et ce qu'elle ne change pas

Il ne s'agit pas de disqualifier la tontine « papier » ou la tontine WhatsApp, qui continuent de fonctionner et de rendre service à des millions de personnes dans le monde selon des logiques de confiance de proximité éprouvées depuis des générations. Leur limite est factuelle plutôt que morale : en l'absence de cadre formel, un incident de paiement, un désaccord sur les tours ou un participant qui disparaît en cours de cycle reposent entièrement sur la médiation sociale du groupe, sans recours structuré. La digitalisation encadrée ne remplace pas cette confiance, elle lui donne un filet, traçabilité des versements, formalisation des règles, sécurisation des fonds via un acteur régulé.

Cette structuration reste toutefois un chantier ouvert plutôt qu'un acquis. Le cadre réglementaire applicable aux services de paiement en France impose des obligations précises aux acteurs agréés, mais la tontine elle-même n'a pas de statut juridique dédié : elle est encadrée indirectement, via les règles générales qui s'appliquent aux flux financiers et aux prestataires de services de paiement. Toute personne souhaitant y recourir a intérêt à vérifier les conditions précises de l'acteur choisi, agrément, modalités de sécurisation des fonds, règles applicables en cas de défaut d'un participant, et, pour toute situation particulière, à se renseigner auprès d'un professionnel du conseil financier.

FAQ

Quelle est la place de la tontine en France ? Elle occupe une place réelle mais largement sous-documentée dans l'épargne des ménages, en particulier au sein des diasporas africaines et d'autres communautés pratiquant l'entraide financière de proximité. Faute de déclaration ou de traçabilité bancaire, ces flux n'apparaissent pas dans les statistiques officielles de l'épargne, ce qui a longtemps maintenu la tontine dans un angle mort économique, alors même qu'elle répond à des besoins de financement concrets, comparables à ceux couverts par les produits d'épargne classiques. L'émergence d'acteurs agréés comme Togethrust, qui digitalisent et sécurisent ce mécanisme sans en dénaturer les usages, contribue à donner à cette pratique une visibilité et un cadre qu'elle n'avait pas jusqu'ici.

La tontine est-elle légale en France ? Le principe de mise en commun d'une épargne entre particuliers n'est pas interdit, mais il n'existe pas de statut juridique spécifique à la tontine. Les acteurs qui proposent une version numérique de ce service opèrent sous les cadres généraux applicables aux services de paiement, ce qui suppose un agrément et des obligations de conformité.

Comment choisir entre tontine traditionnelle et tontine digitale ? Cela dépend du niveau de confiance déjà établi dans le groupe, du montant en jeu et du besoin de traçabilité. Il est recommandé de comparer les conditions de chaque solution, agrément, sécurisation des fonds, gestion des incidents, avant de s'engager, et de consulter un professionnel pour toute décision financière importante.

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