Tu lèves des fonds dans 48h et il te manque encore la SHA : comment s’en sortir
Tu lèves des fonds dans 48h et il te manque encore la SHA : comment s’en sortir
Tu viens de recevoir la term sheet signée. Le virement est prévu vendredi. Et là, ton investisseur demande « tu nous envoies la SHA et le convertible finalisés demain ? ». Ton avocat habituel est en vacances, ou son délai standard c’est 2-3 semaines. Panique.
Ce scénario, des dizaines de fondateurs le vivent chaque mois en Europe. La bonne nouvelle : oui, tu peux obtenir des documents juridiques solides pour ta levée en 24 heures. Mais pas n’importe comment. Voici exactement ce qui est faisable, ce qui ne l’est pas, et comment t’organiser.
Quels documents tu peux réellement obtenir en 24h (et lesquels prennent plus)
Tous les documents de levée ne se valent pas en termes de complexité et de délai.
Faisables en 24h avec un cabinet réactif :
Faisables en 24-48h si bien préparé :
Difficile en moins de 72h :
Le facteur déterminant n’est pas la longueur du document, c’est le nombre d’allers-retours de négociation. Un convertible avec des termes standards (cap à X€, discount 20%, MFN clause) se boucle en quelques heures. Le même document avec un investisseur qui veut renégocier chaque virgule prend une semaine.
Ce que tu dois préparer AVANT de contacter un avocat pour aller vite
La différence entre « 24h » et « une semaine », c’est souvent ta préparation, pas celle de l’avocat.
Check-list minimum pour une SHA/convertible en urgence :
1. Cap table actuel à jour : qui détient quoi, en nominal et en % dilué (stock-options incluses)
2. Term sheet signée ou échanges écrits avec les termes clés : valorisation, montant levé, type d’instrument
3. Statuts actuels de ta société (version à jour, pas celle du greffe d’il y a 2 ans)
4. Liste des investisseurs avec leurs entités légales exactes (SAS, LP, personne physique ?)
5. Tes contraintes spécifiques : vesting existant des fondateurs, engagements déjà pris avec des investisseurs précédents, clauses atypiques demandées
Ce qui te fait perdre 24h minimum :
Un cabinet comme Lina.law, qui fonctionne avec une couche IA pour le drafting et des avocats seniors pour la validation, peut sortir un premier draft en quelques heures – mais seulement si tu fournis ces éléments dès le premier email.
Le process réaliste heure par heure pour un closing urgent
Voici à quoi ressemble un vrai 24h pour obtenir une SHA prête à signer :
Heure 0 – Premier contact
Tu envoies un email ou Slack avec ta demande + tous les éléments listés ci-dessus. Un cabinet moderne (pas un Big Four) te répond en 2-3h max avec un scope, un prix ferme et un délai.
Heure 3 – Validation du scope
Tu confirmes, tu paies (souvent 50% à la commande pour les urgences). Le drafting commence.
Heure 8 – Premier draft
Tu reçois un document complet. Pas un template générique : un draft adapté à ta structure, tes investisseurs, ta juridiction.
Heure 10-16 – Tes commentaires
C’est LÀ que tu peux tout ralentir ou tout accélérer. Si tu réponds en 2h avec des commentaires clairs et consolidés (pas 4 emails séparés de 4 personnes), le cabinet peut intégrer dans la foulée.
Heure 18-22 – Version finale + mise au propre
Révisions intégrées, document prêt pour signature.
Heure 24 – Signature
DocuSign, Yousign, ou signature manuscrite si ton investisseur est old school.
Les pièges qui font exploser ce planning :
Combien ça coûte vraiment en urgence
Parlons cash. Les prix varient énormément selon qui tu contactes :
Cabinet traditionnel Big Four/Magic Circle :
Boutique spécialisée startup/VC :
Cabinet AI-native type Lina.law :
Convertible note simple : compte 800-2 000€ selon la complexité et le cabinet.
Ce que tu paies vraiment dans l’urgence :
Pas la « complexité juridique » – elle est la même que tu signes dans 1 jour ou dans 3 semaines. Tu paies la réorganisation de l’agenda de l’avocat, le travail en soirée/week-end, et le risque de devoir refuser d’autres clients.
Les erreurs qui font capoter ta levée même avec des docs rapides
Avoir les documents vite ne sert à rien si tu fais ces erreurs classiques :
1. Signer une SHA sans la faire relire par quelqu’un de ton côté
Même en urgence, prends 2h pour qu’un avocat (ou au minimum un fondateur expérimenté) relise les points critiques : liquidation preference, anti-dilution, drag-along threshold. J’ai vu des fondateurs perdre le contrôle de leur boîte à cause d’un drag-along à 50%+1 signé en 24h « parce qu’il fallait aller vite ».
2. Oublier que la SHA doit matcher tes statuts
Si ton pacte dit une chose et tes statuts une autre, c’est les statuts qui gagnent juridiquement. Un bon avocat update les deux en parallèle, mais en urgence ce point est parfois oublié.
3. Ne pas aligner tous les signataires en amont
Tu as ton document parfait à 23h. Ton investisseur veut une modif à 8h le lendemain. Son avocat américain (fuseau horaire décalé) n’est pas dispo avant 15h. Ton closing prévu à 10h saute. Solution : fais circuler un draft « near-final » à tous les signataires 12h avant le deadline prévu.
4. Utiliser des templates trouvés en ligne pour « gagner du temps »
Un template Y Combinator SAFE n’est pas adapté au droit français. Un modèle SHA trouvé sur un blog peut avoir des clauses illégales dans ta juridiction. Tu gagnes 4h de drafting, tu perds 4 mois en contentieux.
Comment choisir le bon cabinet pour une urgence fundraising
Tous les avocats ne sont pas équipés pour le 24h. Voici comment identifier ceux qui peuvent vraiment délivrer :
Signaux positifs :
Signaux d’alerte :
La vraie question à poser :
« J’ai une term sheet signée, il me faut une SHA et un convertible pour closing dans 30h. C’est faisable ? À quel prix ? »
La réponse – en délai et en clarté – te dit tout ce que tu as besoin de savoir.
Ta prochaine étape : si tu es dans cette situation d’urgence là maintenant, envoie un email avec ta term sheet, ton cap table et ton deadline à un cabinet qui répond vite. Si tu anticipes une levée dans les prochaines semaines, prépare dès maintenant la check-list du deuxième paragraphe – tu te remercieras le jour J.